Maurice Kulberg

Carte d’identité

Né à Paris en le 15 janvier 1937

Décédé à Croix (59) le 31 décembre 2004

Autoportrait de Maurice Kulberg

Sa vie

Maurice Kulberg, l’art comme traversée de l’inconscient

Artiste et psychothérapeute, visionnaire avant l’heure, Maurice Kulberg fait de la création un territoire d’exploration intérieure, là où l’art, la psychanalyse et la mémoire intime se rejoignent.

Né à Paris en 1937, Maurice Kulberg a très tôt été marqué par la violence de l’Histoire. Caché durant la Seconde Guerre mondiale, il perd sa mère et sa petite sœur puis retrouve son père revenu des camps de la mort. Ces traumatismes ne le quitteront jamais. Ils deviendront la matière première d’une œuvre traversée par la fragilité, l’angoisse et la quête de réparation.

Maurice Kulberg - Tête de femme

Tête de femme

Dans les années 1960, il se forme au théâtre auprès de Tania Balachova, aux côtés de Michael Lonsdale, Jean Rochefort… Parallèlement, il étudie l’anatomie humaine au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Deux apprentissages décisifs : le corps comme langage et la scène comme espace de transformation. Très vite, Maurice Kulberg abandonne toute narration anecdotique pour plonger dans ses zones d’ombre. Son art devient introspectif, presque thérapeutique.

Son œuvre évolue par périodes successives -érotisme, figuratif, surréalisme, académisme – nourrie par de grandes figures comme Van Gogh, Goya, Rouault ou Dalí, qu’il rencontre d’ailleurs à l’été 1964. La littérature l’accompagne également : Lorca, Léautaud, autant de voix avec lesquelles il dialogue en silence. Mais Maurice Kulberg ne se contente jamais de références : il les traverse, les digère, les transforme.

Parmi ses thèmes récurrents, les poupées occupent une place centrale. Tantôt brisées, tantôt réparées, elles incarnent l’enfance blessée, la vulnérabilité, la possibilité – ou non – de recomposition. Autre figure obsessionnelle : le hibou, oiseau nocturne, miroir de l’artiste insomniaque, guetteur de la nuit intérieure. Chaque œuvre semble ainsi adresser un message à l’inconscient du spectateur, dans une forme de sculpture monologique où le silence parle autant que la matière.

Série des Poupées

Éducateur spécialisé puis psychothérapeute, Maurice Kulberg n’a jamais séparé art et soin. Formé à la psychanalyse freudienne, proche des enseignements de Jacques Lacan, il devient dans les années 1980 l’un des premiers hypnothérapeutes en France, formé par Léon Chertok, lui-même élève de Milton Erickson. Pour lui, créer, c’est soigner, ou du moins tenter de comprendre. Il dira d’ailleurs que son art « ouvre des portes sur la nuit sans y voir plus clair » revendiquant une lucidité sans illusion.

Sculpture, peinture, photographie, agrandissements laser : Maurice Kulberg expérimente sans cesse, cherchant la dislocation formelle, le trouble, la frontière floue entre réalité et hallucination. Son œuvre n’apporte pas de réponse. Elle pose des questions essentielles, parfois inconfortables, toujours nécessaires.

Maurice Kulberg s’éteint le 31 décembre 2004, à Croix, dans le Nord, à l’âge de 67 ans. Il laisse derrière lui une œuvre dense, exigeante, profondément humaine. Un témoignage rare où l’art devient miroir de l’âme, et où la création, loin d’être décorative, s’affirme comme un acte de survie, de transmission et de vision.

Ses œuvres

L’oiseau à Venise, 1964

Portrait de Monsieur Laplace, 1965

↑L’Âge de pierre, 1966

La Mariée à la tour, 1966 →

Le Christ

Le Diable

Venise, 1963

Homme Chapeau Esquisse de travail

Homme Chapeau, 1956

Homme Chapeau 2

Hibou bleu

Le chat et l’oiseau

Puzzle, 1956

Hokusaï